Vous devez avoir Adobe Flash Player pour lire les images.

Cliquez ici pour télécharger Adobe Flash Player.

Un amour contre-nature

Dans l’histoire de l’humanité, jadis la Nature était un phénomène cruel dont on subissait les foudres, et qu’il fallait dominer pour survivre. On croyait la nature animée par des esprits, puisque des volontés semblaient à l’œuvre qu’on ne réussissaient pas à décoder.
Rusalka est un conte de fée slave. Un avertissement sous forme de récit. C’est dans cet esprit qu’il faut le décoder.
L’amour de Rusalka pour le prince est un amour contre-nature, dont elle paiera le prix. Elle veut devenir humaine, puisque l’humain a tous les droits.
Mais la nature n’est pas vengeresse. Elle n’a pas de défense contre la méchanceté de l’homme. Rusalka perd la voix en perdant sa voie, parce que Rusalka ne peut pas se nier elle-même. L’humain, lui, le peut.
L’humain le fait.

L’humanité domine la nature et la modifie. Réchauffement climatique, pollution, disparitions des espèces animales et aquatiques, surpêche, surexploitation des sols, désertification, pandémie d’obésité; la liste est longue et les effets, désastreux, ne réussissent pas à alarmer la population sur l’urgence d’agir.
En se comportant comme le souverain de la planète, l’Homme détruit les conditions même de son existence. Mais tout va bien, puisqu’on trouve encore du pétrole et que les grands couturiers produisent chaque saison des vêtements absolument dé-li-cieux dont la marque est bien visible.
La planète réagit: fonte des glaces, réchauffement des océans, évaporation. Les catastrophes se précipitent : inondations, feux de forêts, ouragans.
Mais la nature ne tue pas par vengeance. Elle cherche à rétablir un équilibre. L’opposition Nature Culture ne tient pas. La Nature a toujours été la base de notre culture. Sans la Nature, plus de Culture. Nous y sommes presque.
Il y a des cycles auxquels nous ne pouvons pas échapper.

Hyper-consommation, gaspillage, pollution, égoïsme. Avidité, cupidité, inconscience. La Nature se meurt de la Culture. La nature se pare des atours de la Culture, de ses déchets, qu’il faut bien trouver beaux, puisque plus rien n’est intact, plus rien n’existe sans l’humain sur la Terre. L’avidité gonfle les ventres et appauvrit les sols. Nous portons notre décadence comme un vêtement griffé, la chirurgie esthétique devient un paysage artificiel pour le regard de l’autre. Nous déménageons à la campagne pour la domestiquer, la rendre conforme à idéal humain frelaté, désinfecté, aseptisé. Sans vie.
Rusalka est un conte de fée, un avertissement. Mais il s’agit de transcender la réalité plutôt que la représenter, ou alors il faut faire du documentaire, qui est plus efficace dans la représentation du réel.
Le conte de fée est cruel. La nature est pervertie par l’humain. L’humain est détruit par lui-même.
Quand il n’y aura plus d’arbre, à quelle branche l’humain pourra-t-il se pendre en punition de ses actes ?